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mardi 16 novembre 2010

Non aux assainissements dans les transports publics!

Par un chauffeur de bus

Les politiciens traditionnels parlent sans cesse d’environnement et de mobilité. Mais derrière les mots, on étouffe les transports publics. La STIB (à Bruxelles) doit assainir 46 millions d’euros de son budget, De Lijn 51,8 millions d’euros en 2010 et plus encore en 2011 et, au TEC, la dotation du gouvernement wallon a été gelée de 2008 à 2014, ce qui fait que, cette année, il y aura un déficit de 9,9 millions d’euros à éliminer.

Ces économies menacent la prestation de services et augmentent la charge de travail. Dans une interview pour Trends/Tendance, Werner Jacobs, le nouveau directeur financier de De Lijn, a déclaré vouloir éliminer les ‘‘heures creuses’’. Il précise : c’est le temps compris entre les voyages. La direction souhaite donc réduire le temps de repos des chauffeurs au minimum. Mais des chauffeurs qui sont 7, 8 ou 9 heures au volant commencent bien sûr à fumer dans le bus ou à rouler sans tenir compte des limites de vitesses, histoire de se ménager quelques minutes de pause avant le prochain trajet.

En octobre, De Lijn a publié les résultats d’une enquête parmi les voyageurs. Le mécontentement augmente, surtout concernant le manque de ponctualité et le manque de place dans les bus, problèmes que les mesures d’assainissement ne vont faire que renforcer. La réduction du temps de repos entre deux voyages réduit aussi la possibilité de gagner du temps après un retard. En plus, De Lijn limite la fréquence sur certaines lignes. A Gand, le transport est fortement réduit en soirée, tandis que dans d’autres régions, des lignes ‘‘non rentables’’ sont supprimées.

Aux quatre coins du pays, les voyageurs et le personnel sont victimes d’une même logique : il faut riposter dans l’unité. La grève du TEC le 11 octobre dernier était un bon premier pas. Qu’est ce qu’on attend pour organiser une journée nationale de grève avec une grande manifestation pour laquelle les usagers seraient aussi mobilisés ?

vendredi 22 février 2008

Grève des bus spontanée après une agression

Une grève spontanée s’est déclenchée ce 21 mars dans les services de transports en commun « De Lijn » du Brabant flamand. En cause: une énième agression, un tir de fusil à air comprimé plus précisément, à l’encontre d’un bus, à Anderlecht. Mais la direction a fait comme si de rien n’était et personne ne s’est occupé du conducteur. Mis au courant, ses collègues ont immédiatement réagi en cessant le travail et la grève s’est rapidement étendue dans la région.

Il faut dire que cette attaque s’est produite non loin de l’endroit où, récemment, un cocktail Molotov a été jeté contre un bus de la STIB. Les travailleurs des services de transports en commun bruxellois sont alors entrés en grève, mais les agressions se sont poursuivies par la suite. Selon toute vraisemblance, l’agression d’Anderlecht est une réponse vengeresse aux contrôles supplémentaires effectués dans le quartier. Anderlecht, en termes de nombre d’agressions contre les bus, arrive en tête de liste.

Donc, quand le chauffeur de « De Lijn » est rentré à son dépôt et a fait mention de l’événement, il n’y a eu aucune réaction, aucune aide, et la police n’a pas été avertie. Il a fallu pour cela que les collègues arrêtent massivement le travail. Toutefois, pour les écoliers, le transport a été organisé avec des volontaires.

Beaucoup de confusion règne sur la réponse adéquate à adopter face à cette violence, confusion qui laisse l’espace aux remarques racistes sans que cela n’arrange rien. Incontestablement, la majeure partie des agressions sont liées aux discussions sur les titres de transport. La revendication de transports en commun gratuits et de qualité n’est pas seulement importante du point de vue écologique, mais aussi vis-à-vis de la sécurité des conducteurs et de l’accessibilité des services publics à toute la population, y compris la plus précarisée.

Il est certain que le démantèlement des services publics a contribué à la croissance des agressions. La présence d’un deuxième homme sur les bus signifierait, mais alors avec un statut convenable et une formation appropriée un gigantesque pas en avant. Mais cela doit aller de pair avec une politique plus générale qui fournisse plus de moyens pour les transports en commun pour améliorer la fréquence et l’ampleur des services. Il faudra donc plus de personnel. Actuellement déjà, il existe une pénurie importante de personnel avec de grandes répercussions au niveau des horaires ou des changements d’équipes.

Les chauffeurs doivent se servir de la force d’une grève spontanée pour élaborer une plate-forme de revendications et une campagne qui mène à une véritable fin de la violence. C’est possible en revendiquant tous ensemble plus de moyens !

lundi 26 novembre 2007

De Lijn: « Il nous faut plus de moyens, tant pour la fourniture de service que pour notre sécurité »

Le CD&V et l’Open VLD ont dit au Parlement flamand qu’on accordait trop de moyens à la société régionale de transports en commun De Lijn. Ils trouvent qu’on ferait mieux de privatiser les transports en commun. Le nombre des passagers ne cesse pourtant d’augmenter. La première moitié de 2007 a vu 238 millions de passagers emprunter les véhicules de De Lijn, soit une hausse de 3,9%. Nous avons discuté de la situation à De Lijn avec quelques chauffeurs de bus.

Est-il vrai qu’on dépense trop d’argent pour les transports en commun ?
La hausse du nombre de passagers n’a pas entraîné une augmentation des effectifs dans les mêmes proportions. De ce fait, les jeunes chauffeurs doivent prester des horaires intenables et ont parfois du mal à prendre congé. C’est mauvais pour le service comme pour les chauffeurs. La sécurité s’en ressent.

Un autre problème, c’est l’augmentation de l’agressivité contre le personnel. Nous sommes de plus en plus confrontés à des hold-up, des passagers agressifs, des gens qui ne peuvent pas payer, ... J’ai moi-même été récemment victime de violence dans le bus, mais la seule réaction de la direction a été de proposer un cours d’ « assertivité ». Comme si c’était la solution.

La discussion sur les moyens alloués aux transports en commun va souvent de pair avec celle sur le service minimum. L’une et l’autre portent atteinte aux intérêts du personnel et partent du principe que nous sommes des profiteurs qui circulent avec des bus vides. La vérité est évidemment tout autre et nous devons défendre notre droit à mener des actions collectives. Le service minimum, loin d’être une solution à l’agressivité, ne pourra que susciter encore plus d’agressivité. Une journée de service minimum sera en effet une journée de chaos.

Le plan de sécurité ne permet-il pas de parer à l’agressivité ?
Le plan de sécurité de De Lijn consiste notamment à augmenter le nombre de caméras et de stewards. Il est aussi question de la création d’un service de sécurité propre à De Lijn. Dans la pratique, il y a peu de choses qui changent et on accorde beaucoup moins d’attention au problème. Les bonnes intentions sont répercutées dans les médias et restent sans suite. Bon nombre de caméras ne sont toujours pas installées et leur efficacité n’est pas certaine. Il y a aussi un problème avec les stewards de bus : ce sont souvent des gens sans formation digne de ce nom qui doivent travailler avec un statut précaire.

Comment faire reculer l’agressivité ?
Il y avait jadis dans tous les bus et trams un deuxième homme chargé de contrôler les tickets et de jeter un oeil sur ce qui se passe. On a supprimé cette fonction par souci d’économie. Un deuxième homme serait pourtant plus qu’utile.

Neuf agressions sur dix tournent autour de l’argent. Des transports en commun gratuits et de qualité seraient une solution. A côté de ça, il faut évidemment un mouvement social de plus grande ampleur : donnons aux jeunes des perspectives d’avenir et d’emploi convenable et il y aura beaucoup moins de problèmes qu’aujourd’hui.