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mardi 17 mai 2011

Cheminots en colère : défendons nos services publics !

Vendredi dernier, la gare de Namur a été bloquée par des cheminots de la CGSP voulant protester contre le plan de restructuration du trafic marchandises. Dans une lettre aux chemninots CGSP, la situation était résumée comme suit: ''dans les différentes entités du groupe SNCB, dans les différents sièges de travail, la tension devient tellement palpable qu'on est véritablement en droit de se demander par quelle alchimie les trains roulent et surtout pour combien de temps encore?''

Concrètement, l'action de ce vendredi concernait la réduction de l’actvité de frêt en gare de Ronet, une décision prise par la SNCB Logistics, qui gère maintenant le transport de marchandises. La direction affirme régulièrement qu'il faut ''respecter les règles pour préserver la bonne entente''. Mais ça, c'est juste pour critiquer les actions de grève. En termes de ''respect des règles'', la direction n'a de leçons à donner à personne. A l'époque de la création de B-Logistics, en février, l'accord prévoyait le maintien de 33 personnes à Ronet. Et là, sans la moindre discussion, il est question de supprimer tous les postes. Les syndicats ont même été informés de la décision définitive par la presse...

Plus globalement, au piquet de ce vendredi, des syndicalistes nous ont expliqué que ''les attaques viennent de partout, les travailleurs n'ont plus aucune confiance en la direction.'' Très vite la discussion a donc quitté le cas spécifique de la gare de Ronet pour aborder les possibilités d'une action plus globale, impliquant tous les cheminots et capable de créer la solidarité chez les usagers. Après les emplois supprimés à Ronet, on sait que d'autres attaques arriveront ailleurs. Déjà maintenant, les problèmes sont nombreux à Patrimoine (qui gère le patrimoine immobilier de la SNCB et son entretien), chez B-Logistics, chez les conducteurs, aux guichets, à l'entretien,... On nous explique ainsi que sur 220 ''képis bleus'' (les sous-chefs de cabine), il y a pas moins 9.000 jours de congé à récupérer, soit l'équivalent de 32 temps plein! C'est la logique actuelle de la SNCB, aller vers la fermeture progressive des gares trop peu fréquentées, des guichets,... Bref, quitter le service rendu au public et entrer dans la logique purement commerciale d'une entreprise qui vise prioritairement à satisfaire ses actionnaires.

Concernant les cheminots, la CGSP défend notamment la revalorisation barémique de tout ses agents, l'aménagement des fins de carrière ou encore la volorisation des travailleurs de la voierie (dont le travail n'est toujours pas considéré comme un travail lourd!). Mais c'est surtout l'engagement de personnel qui est crucial, en préservant le statut du personnel. Un militant nous explique : ''dans la structure gérant le patrimoine immobiler, une seule personne partant en pension est remplacée sur trois! Dans les faits, un seul statutaire est réengagé, et on fait de plus en plus appel au privé, avec des travailleurs moins bien payés et avec de moins bonnes conditions de travail. Et dans les cabines de sécurité, c'est encore 2.000 emplois qui seront menacés dans un avenir proche.'' Un autre travailleur nous affirme ''je n'ai aucun doute, nous serons bientôt sous les 30.000 équivalents temps plein.''

Dans les discussions au piquet, il est encore beaucoup question de l'arrivée d'un projet similaire aux tristement célèbres plans ''géoroute'' qu'ont connu les travailleurs de La Poste, dorénavant Bpost. Il a donc très logiquement été aussi question de la manière dont la lutte a été organisée à La Poste contre Géoroute et les fermetures des divers bureaux de poste. Là, malgré l'ampleur des attaques, il a fallu longtemps pour avoir une action nationale et durant des années les actions ont été limitées à des grèves ou actions bureau par bureau. Dans le même ordre d'idée, il est primordial d'avoir rapidement un plan d'action démocratiquement élaboré capable de s'attaquer à la démolition de nos services publics et des conditions de travail du personnel.

Concernant les militants de la CSC, des syndicalistes déplorent le manque de front commun ''au sommet, on sent que les choses se crispent. Mais chez nous, dans les dépôts, on voit bien que les camarades de la CSC sont d'accord avec nous. Ce qui fait la différence au niveau de l'affiliation, c'est bien souvent le délégué, sa combativité, son charisme, sa manière d'aborder les choses. Ce n'est pas comme si il y avait une mentalité fondamentalement différente à la CSC par rapport à la FGTB. Alors oui, l'unité est possible.''

Un préavi de grève national serait actuellement en discussion, nous espérons bien entendu vivement qu'il sera concrétisé et que cette journée d'action sera aussi utilisée pour mener campagne vers les usagers, qui eux aussi souffrent de la logique actuelle dans nos transports en commun.













mercredi 21 mai 2008

Qui soutient les cheminots ?

Les médias, les partis traditionnels et les employeurs le crient sur tous les toits, certains plus radicalement que d’autres : la grève des cheminots est scandaleuse ! Les propositions vont de l’instauration d’un service minimum (pour lequel il faudrait tout de même 65% du personnel…) à l’exigence que les syndicats aient une personnalité juridique pour pouvoir être obligés de payer une indemnisation. La ministre de la Fonction publique et des entreprises publiques, Inge Vervotte (CD&V), n’est pas favorable à un service minimum, irréalisable, mais elle condamne tout de même les actions et appelle à des mesures contre les actions spontanées. Les employeurs appellent eux aussi à l’instauration d’un service minimum et les médias remplissent leurs pages ou leurs reportages de voyageurs bloqués et d’embouteillages, sans que l’on ne parle beaucoup des revendications on ne peut plus justifiées des syndicats.

Il est frappant que personne n'affirme que la grève aurait effectivement pu être évitée si une proposition de convention collective de travail correcte avait été présentée ; avec une augmentation réelle du pouvoir d'achat, avec une amélioration du statut du personnel de la SNCB, avec une diminution de la pression au travail,… Mais, apparemment, cela n’est pas une option. Qui alors est le coupable de la grève ? Les travailleurs de la SNCB qui sont obligés de partir en grève pour recevoir quelque chose ou le gouvernement et la direction de la SNCB qui préfèrent offrir des baisses de charges et des cadeaux au patronat (ou aux managers, comme on a pu le voir avec Descheemaecker, le dirigeant de la SNCB qui a voulu s’augmenter de 30.000 euros) ?

Y-a-t-il encore quelqu'un pour soutenir les 37.000 cheminots dans leur grève, à l'extérieur de leurs propres syndicats ? Oui, mais rien ne doit être attendu des médias bourgeois, des politiciens traditionnels et des employeurs. Les voyageurs sont l'allié le plus important du personnel. En définitive, ces voyageurs sont aussi des travailleurs confrontés aux mêmes problèmes, ils voient eux aussi leur pouvoir d'achat chuter et leur charge de travail augmenter. Les travailleurs ont eu à souffrir depuis des années des économies et des libéralisations dont ont été victimes les services publics, entre autres la SNCB. Les frais doivent être aussi faibles que possibles en personnel, en sécurité et en qualité… Tout cela dans le but d’attirer des investisseurs du privé dont l’argent sera le bienvenu pour donner des baisses de charges… à ces mêmes investisseurs privés! Les voyageurs et le personnel ont des intérêts identiques, ces deux groupes sont des travailleurs victimes de la même politique néolibérale.

Aucun parti ne soutient aujourd'hui la grève des cheminots et leurs revendications, et c’est regrettable. La FTGB et la CSC doivent tirer leurs conclusions de ce constat et briser leurs liens avec leurs "interlocuteurs privilégiés" du PS, du SP.a, du CDH et du CD&V pour construire un parti qui défende leurs intérêts, un véritable parti des travailleurs. Un parti semblable aurait pu, par exemple, faire des actions (avec les syndicats) vers les voyageurs pour leur expliquer pourquoi il y a grève et pour les inviter à participer à la semaine d'action syndicale 9 au 13 juin sur le thème du pouvoir d'achat.

mardi 5 février 2008

Le personnel et les moyens manquent, la SNCB déraille

En décembre, les machinistes du Syndicat Indépendant des Cheminots (SIC) ont fait grève. Une petite partie des conducteurs a également participé aux actions. La colère est si grande chez les machinistes que des membres et même des délégués d’autres syndicats ont rejoint les actions, sans indemnisation de grève !

Le report de l’embauche de personnel pour la période 2003-2005 a conduit à une pénurie de personnel. De plus, beaucoup de conducteurs sont partis en retraite. Résultat : la direction veut faire rouler le même nombre de trains mais avec moins de personnel. La vie sociale du personnel est sapée par la masse de congés et de récupérations en retard. L’annonce tardive des horaires pour la Noël et le Nouvel An a ainsi été l’un des points centraux du succès de la grève du SIC.

Les nouveaux horaires de service sont à chaque fois utilisés pour faire rouler plus de trains avec moins de personnel, le moindre retard créant un effet de boule de neige. Les grèves du SIC

Même si on peut critiquer l’attitude corporatiste de la direction du SIC et le type d’actions qu’elle mène (les « grèves du samedi » pendant deux manifestations nationales - dont une sur le pouvoir d’achat - et à l’approche des fêtes de fin d’année), le SIC demeure le seul syndicat qui fasse écho au mécontentement de la base du personnel ferroviaire.

Les directions de la CGSP et de la CSC Transcom ont refusé depuis des années de dresser un plan d’action pour revendiquer plus de moyens et de personnel et pour s’opposer aux mesures d’austérité et de libéralisation. Il n’est donc pas étonnant que beaucoup de membres du personnel et de militants de la CGSP et de la CSC aient soutenu l’appel du SIC.

Nous pensons que la meilleure manière de mettre en évidence les intérêts des voyageurs et du personnel est l’organisation d’actions de masse en front commun syndical (c.à.d. TOUS les syndicats). Mais des actions généralisées ne doivent pas être tellement générales que le concret s’envole. Le personnel doit être impliqué plus activement dans l’élaboration de la grève afin de la renforcer. Il est aussi préférable que ces actions soient accompagnées de campagnes de solidarité orientées vers les voyageurs, avec par exemple une pétition exigeant plus de moyens, notamment contre les retards des trains.